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Covid-19 : aider les salariés à se projeter de manière positive et réaliste

Soucieuses de limiter les risques de stress et d’anxiété liés à la crise actuelle, certaines entreprises prennent les devants en proposant des actions d’écoute et de soutien à leurs collaborateurs.

Coach, praticien en hypnose Ericksonienne et formateur, Stéphane Maitrehut met en place ce type d’accompagnement.

Vous travaillez depuis 14 ans dans les domaines de management et du commercial en intervenant auprès des dirigeants et des salariés. Quelles sont les valeurs qui vous animent ?

Stéphane Maitrehut : Ce qui m’anime, au plus profond de moi, c’est de guider mes interlocuteurs vers l’estime de soi et la confiance en eux pour vivre des transitions professionnelles, se transformer. À travers ma structure Ventalia, je propose du coaching et des formations en travaillant autour de 3 axes : la relation au contexte, la relation aux autres, et surtout la relation à soi. Je constate que les inconforts de la communication interpersonnelle viennent souvent de problèmes avec soi-même. Je pense donc qu’il est primordial d’approfondir la connaissance de soi pour être à l’aise avec son entourage. C’est une approche que je développe aussi dans le cadre du réseau Germe, qui répond à la demande de dirigeants pour conjuguer performance économique et progrès humain dans leurs entreprises.

Si l’on prend la pratique commerciale, par exemple, de nombreux managers ne sont pas à l’aise avec cette fonction et l’assimilent encore à de la manipulation. Prendre le temps de comprendre ses propres freins donne des leviers supplémentaires. Un salarié a rarement la main sur son contexte professionnel, en revanche il peut toujours agir sur lui-même.

Justement, en ce moment avec la crise, les salariés ont peu de prise et subissent le confinement, le chômage technique, le télétravail ou le maintien de leur activité dans des conditions difficiles. Quelles actions proposez-vous pour les aider ?

S.M. La santé psychique de chaque collaborateur est un enjeu individuel et collectif. Certaines entreprises l’ont compris et font appel à moi pour mener une action d’écoute auprès du personnel pendant cette période de crise. C’est un signal fort envoyé par la direction pour soutenir le management à distance, maintenir la cohésion des équipes, cultiver un climat coopératif et favoriser la détection de situation à risques.

Quelle méthodologie « Covid-19 » avez-vous mise en place ?

S.M. Je pars d’un questionnaire envoyé à des salariés volontaires. Je leur demande de noter des mots-clés qui évoquent les conséquences de la crise sanitaire sur l’organisation de leur travail et ce qui les aide à s’adapter aux nouvelles conditions professionnelles. Ils indiquent aussi ce qui les freine et ce qu’ils aimeraient approfondir pour optimiser leur sérénité. Ce premier pas permet déjà aux salariés de s’exprimer. Puis je réalise une synthèse de ces témoignages avant de proposer, selon les cas, des entretiens collectifs et/ou individuels. L’important est de hiérarchiser les inquiétudes. Celles qui sont hypothétiques, je les mets de côté de façon à faire baisser le niveau d’anxiété. Celles sur lesquelles le salarié peut agir, je les priorise. Passer à l’action et prendre le contrôle apporte de l’apaisement.

Pour vous qui mettez toujours en avant la relation à soi, cette période est-elle propice pour s’y consacrer ?

S.M. Clairement, oui. Depuis le début de la crise sanitaire, j’observe que chacun y va de son conseil pour nous occuper en période de confinement. Comme s’il fallait vite combler le “vide”, éviter de s’ennuyer. Alors qu’il me semble indispensable en ce moment justement d’écouter son corps, ses émotions, ses envies. Prendre le temps de se poser les bonnes questions et savoir ce qui essentiel pour soi. Qu’est-ce qui me fait vibrer ? Quels sont mes moteurs, mes valeurs, ce qui me fait avancer ? Pas de recette universelle, juste un “chemin en soi”, pour commencer.

Je sais que ce n’est pas toujours aisé selon les situations, mais être clair avec soi-même améliore le rapport avec les autres et permet d’être moins bousculé par le contexte. Avec les risques inhérents à cette introspection : des départs, des bifurcations, des révélations, qui auraient lieu à court ou moyen terme de toute façon. Mon conseil est d’oser se projeter à la fin de cette crise sanitaire et se demander ce que nous aimerions approfondir mais aussi explorer. Envisager le confinement comme une opportunité unique avec du temps pour soi.

Article du 27 mai 2022, blog Proactif, travail temporaire
M
erci à Sarah Fournier & Claire Goutines